LES BIOTECHNOLOGIES MODERNES

DEVELOPPEMENT DES BIOTECHNOLOGIES AU SÉNÉGAL

Le Sénégal, tout comme la plupart des pays africains importe au moins 50% de ses besoins pour la consommation en céréales à partir d’Europe, d’Amérique et des pays asiatiques. Seul 10% du volume commercial s’effectue entre pays africains.

Les chercheurs ont largement contribue à asseoir les bases du développement des biotechnologies grâce a une production scientifique et une ouverture vers le secteur privé national par la prestation de services très appréciés par les populations.

Cependant les produits biotechnologiques ont envahi le marché mondial et le grand défi auquel il nous faudra répondre est celui de réduire la dépendance alimentaire, en développant une agriculture productive et durable tout en conservant nos ressources génétiques.

Le développement d’une agriculture moderne, fondé sur la science et l’innovation technologique, repose essentiellement sur le développement de variétés améliorées par la sélection. Grace aux biotechnologies végétales, il est désormais possible de développer au Sénégal, un secteur de production tourne vers les cultures agro industrielles (riz, pomme de terre, banane, fraise, patate douce, manioc, agrumes, etc.) qui soit aussi bien en mesure de subvenir aux besoins des populations, mais encore de permettre un positionnement sur les marches extérieures.

Le plein développement de l’agriculture au Sénégal, dans un système sahélien domine essentiellement par la faiblesse de la pluviométrie, la pauvreté des sols et la faiblesse des revenus paysans, dépendra nécessairement de l’introduction ou de l’adaptation de pratiques culturales durables permettant d’utiliser rationnellement les ressources, de régénérer les sols et d’apporter des revenus aux populations.

Devant l’urgence de la situation , le Sénégal a choisi, pour assurer sa sécurité alimentaire, non seulement de faire appel aux éléments de biotechnologies  conventionnelles dans les domaines de la production horticole, céréalière et forestière, mais aussi de saisir les opportunités offertes par les nouvelles biotechnologies orientées vers la résolution de contraintes locales, en particulier les Organismes Génétiquement Modifies ( OG M ), pour garantir une production de qualité et en quantité suffisante, tout en prenant les mesures conservatoires pour limiter les impacts négatifs sur la santé et l’environnement.

Cette volonté politique clairement affichée s’est traduite, depuis plus de 15 ans déjà, par la création de centres et de laboratoires de recherche dans les domaines de biotechnologies végétales, animales et microbiennes et récemment par la mise en place d’une stratégie et d’un plan d’action pour promouvoir les biotechnologies au Sénégal.

Domaines d’applications des biotechnologies modernes

 

Quelques éléments de définitions…

 

Selon la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), les biotechnologies correspondent à toute application technologique utilisant des systèmes biologiques, des organismes vivants, ou des dérivés de ceux-ci, pour réaliser ou modifier des produits ou des procédés à usage spécifique.

Les biotechnologies modernes sont relatives aux technologies de recombinaison génétique de l’acide nucléique par tout moyen extérieur à l’organisme, dans un virus, une bactérie, un plasmide ou un autre vecteur, et leur incorporation dans un organisme vivant hôte dans lequel ils ne se trouvent pas naturellement mais dans lequel ils sont capables de continuer à se propager et à s’exprimer.

Dans le cadre de l’utilisation des biotechnologies modernes, un OGM est défini comme tout organisme dont le matériel génétique a subi une modification délibérée qui ne se produit pas naturellement, ni par multiplication, ni par recombinaison naturelle et obtenue par biotechnologie moderne. L’opération correspond à la technique de  transfert de gène, dite transgenèse.

 

 

Des applications diverses pour les biotechnologies modernes…

 

Les applications des biotechnologies modernes peuvent être regroupées dans quatre grands domaines :

  • améliorations agronomiques,

  • qualités alimentaires,

  • production de molécules à intérêt industriel,

  • production de molécules destinées à la santé humaine.

Sur le plan agronomique, de nombreux travaux de transgénèse concernent l’introduction de gènes de résistance aux herbicides ou aux insectes, et dans une moindre mesure, à certains virus et maladies. Associées à un usage raisonné d’herbicides et de pesticides, ces plantes transgéniques vont améliorer l’efficacité de l’agriculture, tout en respectant encore mieux l’environnement.

En ce qui concerne l’alimentation, les modifications apportées par la transgénèse à la composition  d’une plante lui confèrent des avantages nutritionnels et gustatifs ou de nouvelles caractéristiques qui permettent de diversifier les débouchés.

Sur le plan industriel, les biotechnologies modernes ouvrent de nombreuses perspectives, en produisant des molécules nouvelles (Molecular Farming) et en améliorant les procédés industriels et la qualité des produits.

Enfin, dans le domaine de la santé, des plantes génétiquement modifiées de tabac, de maïs, ou de pomme de terre peuvent produire des molécules thérapeutiques ou des vaccins. Le grand avantage de la production de ces molécules est l’absence de risques de contamination par des virus pathogènes pour l’homme.

Evaluation et Gestion des risques liés aux OGM

Un OGM et son utilisation peuvent entraîner différent effets qui peuvent être intentionnels ou involontaires, certains de ces derniers pouvant être prévisibles.

 

Les risques sur l’environnement et la conservation de la biodiversité s’articulent principalement autour du flux de gènes et des effets sur les organismes non cibles.

En ce qui concerne la sécurité des aliments et la santé humaine, les risques liés à l’utilisation des OGM portent essentiellement sur le développement potentiel de toxicité ou d’allergénicité.

A cet égard, pour assurer une utilisation sécurisée des OGM, il est important de veiller à ce que des évaluations des risques soient menées rigoureusement pour garantir des prises de décisions en toute connaissance de cause concernant les OGM.

Ainsi, l’objectif de l’évaluation des risques est d’identifier et d’évaluer les effets défavorables potentiels des OGM sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique dans l’environnement prévu pour le recevoir, en tenant compte des aspects de santé humaine, animale, et socioéconomiques des communautés réceptrices et proposer des mesures de gestion. Le risque représentant la probabilité de l’occurrence d’un danger et de l’exposition à ce danger, l’évaluation du risque consistera donc à mesurer quel dégât pourrait être causé et à quelle échelle, lorsqu’un événement susceptible de le causer arrive et quelles sont les chances que cet évènement arrive.

Dans le processus de prise de décision relative aux OGM (autorisation ou interdiction à la suite d’une notification), 3 composantes essentielles forment l’analyse du risque :

L’évaluation du risque ;

La gestion du risque

et la communication sur le risque.